(extraits arrangés de l’Article   source psychologies magazine 12/2000)

 

Pas si facile !   tout le monde le craint plus ou moins et éprouve sueurs froides, estomac noué, bégaiement ou bouche bée toutes sortes   de manifestations pour un moment qui devient une véritable épreuve et parfois un véritable “enfer”….

Rien que de penser à   la convocation de son chef, à la réunion à venir, à l’oral d’examen à passer, on n’en dort plus, on a même songé à tomber malade ou quelque chose de plus grave (qui arrive parfois tellement on a pensé fort comme une   jambe cassée !)…

Tétanisé !.et paniqué ! Que faire ? toutes les fuites sont bonnes : on ne va pas aux soirées prévues, on délègue  sa femme,  son collègue. On se dit malade (ou on se rend), le gamin à garder etc…tous ces comportements d’évitement sont   fort répandus.

Cette peur de parler en public est parmi les plus courantes dans celles d’être dévisagé, les serpents et du   vide, et représente un problème pour  55 % de la population  (1 personne sur 3 renonce à s’exprimer devant un groupe.)

Du fait de l’occasion ponctuelle qu’elles représentent, la qualité de vie est peu altérée. Néanmoins, à force d’évitements, les relations deviennent vite limitées et le problème non solutionné.

 

EST-IL POSSIBLE DE SURMONTER CETTE ÉPREUVE ?

 

**PEUR DE SOI MAIS AUSSI DES AUTRES :

Toutes les réflexions négatives qui y sont jointes correspondent tout simplement à une basse estime de soi, un regard négatif porté sur soi et ses performances.

Le crainte de s’exprimer en public est en fait une double peur : peur de soi mais également des autres: toute situation en société est perçue comme évaluatrice. Être exposé au regard des autres, c’est passer l’examen de soi, devant l’autre, forcément “menaçant”. C’est être exposé à son jugement.   L’autre est un ennemi, poseur de pièges, toute mimique  est interprétée négativement. De là à accentuer la paranoÏa naturelle, il n’y a qu’un pas.

**ETRE PARFAIT OU NE PAS ETRE :

Ceux qui n’osent pas s’exprimer vivent dans une totale soumission à l’opinion des autres affirme le psychiatre Frédéric Fanget.

Leur niveau d’exigence personnelle est si élevé qu’ils craignent davantage leur propre jugement que celui des autres. C’est parfois, pour les anxieux, la crainte de n’avoir rien d’intéressant à raconter.

De plus, ils s’imaginent que tout le monde s’aperçoit de leur hyperémotivité et se focalisent sur leurs manifestations d’anxiété ; ce qui ne les arrangent pas ! Cette auto-évaluation  permanente est invalidante. L’infortuné se représente la triste vision que l’on a de lui,( qui est souvent fausse ou du moins nuancée),   ce qui maintient son estime de lui au plus bas. Le cercle vicieux…

 

**TOUT D’ABORD ETEINDRE SA CRITIQUE INTERIEURE

Pour surmonter ce blocage, il est nécessaire de faire taire cette voix intérieure négative. STOP aux vilaines pensées sur soi !

Rien ne prouve que cela va se passer aussi négativement. Donc, objectif : assouplir la croyance en la nécessité d’une performance sociale parfaite ou d’un self contrôle absolu. Ce monde n’est pas parfait.

 

**DES EXERCICES POUR SE DESINHIBER :

–  S’auto-observer permet de prendre une distance pour se détacher de son malaise. Chaque fois que vous êtes confronté à ce trac, notez ce qui se passe. Donnez une note à votre émotion (de 0 à 10) , écrivez les pensées automatiques qui arrivent et détaillez votre interprétation de la réalité..

Faites face au lieu de fuir, l’angoisse finira par diminuer d’elle même. Donc, nécessité de s’exercer à engager une  conversation avec des inconnus, s’immiscer dans un groupe en discussion…

 

 

–  Posez votre voix permet de exprimer clairement ce que l’on pense et d’être bien compris , la rendre audible (s’enregistrer), ralentir le débit (compter mentalement 1-2 à la fin de chaque phrase) et respirer en rentrant le ventre avant d’en commencer une autre. De cette façon, en ralentissant le rythme respiratoire, le calme arrivera, l’anxiété sera de moins en moins perçue par l’extérieur.

–  Regardez votre interlocuteur droit dans les yeux : Bannissez le regard balayant l’ensemble de l’auditoire. Au contraire, établissez un contact visuel avec chacun.

– Evitez les temps morts et jetez-vous à l’eau ! Ne laissez pas vagabonder votre esprit, concentrez-vous sur le message que vous souhaitez faire passer.

Avouez votre émotionS’il vous arrive malgré tout de perdre vos moyens, n’hésitez pas à confier votre émotion à l’auditoire et même d’y mettre une touche d’humour.

Les avantages d’un comportement affirmé, c’est au niveau personnel de se sentir plus en accord avec soi-même, plus confiant, plus serein affirme le psychiatre F. Fanget.

Établir son propre programme d’affirmation de soi a un effet antidépresseur car il permet de retrouver une meilleure image de ce que l’on fait, donc de soi.

Sinon, en cas de PHOBIE SOCIALE :

Si cette peur de s’exprimer devant les autres est un symptôme parmi d’autres (fuite des contacts, isolement…, signant alors une vraie phobie sociale, une thérapie peut s’avérer nécessaire. Laquelle ?

– les thérapies comportementales et cognitives, spécialisées dans les phobies, aident à modifier la vision angoissante du monde et à ne plus confondre sa perception  avec la réalité .

– la PNL  permet d’anticiper le côté “effrayant” et de le modifier.

– les bêtabloquants, médicaments, sous contrôle médical, qui annihilent les sensations physiques dues au stress (tachycardie, transpiration, …)